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Chronique – Dark – Jantje Friese, Baran bo Odar

Créateurs : Jantje Friese, Baran bo Odar

Acteurs :  Louis Hoffman, Maja Schöne, Oliver Masucci, Jordis Triebel
Date de diffusion : 2017 (saison 1)
Nombre d’épisodes : 10 (saison 1)
Durée : 60 min
Résumé : 2019, Winden, commune allemande fictive. Un groupe d’adolescents se réunit dans la forêt pour une sortie illicite et le plus jeune, Mikke Nielsen, disparaît sans laisser de trace. Une enquête est lancée, et on découvre quatre familles, leurs fractures, leurs vies sur plusieurs générations, le tout dans une ambiance étouffante propre aux petites villes.





Bande-annonce (VOSTF) :
 [youtube=https://www.youtube.com/watch?v=qJpIHpZSkXo&w=320&h=266]
Mon avis :  Bon sang j’ai complètement adoré cette série. J’aime bien les séries un peu sombres et qui, au-delà des éléments fantastiques qu’ils comportent, nous font voir une vraie fresque sociale. Dark en fait complètement partie.
L’intrigue prend place dans un petit village perdu où tout le monde se connaît depuis plusieurs générations, littéralement. Sans que je n’ai réussi à faire le lien pour l’instant, Winden est installé depuis plus de soixante ans à côté d’une centrale nucléaire. Tout ça m’a rappelé Les Revenants (série  française que je compte bien finir un jour). Au départ, cela paraît classique : une disparition d’enfant dans un coin paumé de l’Allemagne, et alors ? C’est ce qu’on voit tous les jours. Sauf que tout commence à se compliquer lorsqu’on sait que la question de savoir où est Mikke est inintéressante. Mais oui, écoutez la voix off : « ce n’est pas où mais quand… » Car, trente-trois ans plus tôt, une disparition inquiétante avait déjà eu lieu…
A chaque épisode, une pièce de plus vient s’ajouter à ce puzzle complètement fou. C’est une intrigue qui se déroule sur trois générations et qui demande de bien suivre tous les jeux spacio-temporels. Je conseille de regarder tout d’une traite, et pas espacé dans le temps, sinon c’est impossible à suivre ! De même que pour la profusion de personnages, qu’il est parfois difficile à replacer. Très bien ficelée, très lente à se mettre en place mais solide. Qui plus est, il faut être attentif à tout ce qui est dit en off : toute une réflexion autour du big bang, des trous noirs, de la relativité est amorcée et ajoute des éléments pour comprendre ce qui se passe.
L’ambiance est fascinante. D’un étouffant incroyable, on se sent oppressés, prisonniers dans ce village. Une vraie noirceur se dégage de cette série,  qu’importe l’époque. Beaucoup voit dans celle-ci le signe d’une nationalité encore aux prises avec son passé, et je dois avouer que cela n’aurait pas rendu pareil si ce n’était pas allemand. Les secrets sont dévoilées et le spectateur est témoin des fractures que tous ces silences produisent sur les êtres et les familles.
Les personnages sont nombreux, très nombreux. Certains sont joués par trois acteurs différents ! Il faut se retrouver dans tout ce casse-tête, mais le jeu en faut la chandelle. Chacun joue un rôle à un moment où à un autre, tous sont travaillés et profonds.  Tout semble tourner autour de Jonas Kahnwald, sans qu’on sache vraiment comment, même si les liens entre les autres personnages tendent à l’éloigner souvent de la scène principale. Mais sans cesse, on revient à lui, comme s’il était la clef des disparitions que l’on cherche à résoudre. Et son ciré jaune ! Une vrai référence à Ça, de Stephen King. D’ailleurs, j’ai découvert la tête de Louis Hoffman que je ne vais pas lâcher de sitôt.
Un souci du détail, tant dans l’intrigue que dans les personnages et les décors, en font une série exceptionnelle à regarder absolument.

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