ce que je vois

Focus – Pourquoi j’ai adoré la série I told sunset about you en 6 points

Hello hello !

J’ai publié il n’y a pas très longtemps un focus sur la série thaïlandaise TharnType, l’occasion de râler sur pas mal de points qui me dérangent. Alors je me suis dit, pourquoi ne pas faire l’inverse sur une série qui, cette fois, m’a conquise ! J’aimerais ainsi vous faire découvrir une autre série, toujours thaïlandaise, toujours du boys love.

C’est l’histoire de Teh et Oh-aew qui sont dans leur dernière année de lycée. Autrefois, ils étaient amis, mais ils sont devenus rivaux quelques années plus tôt lors : Oh-aew a été choisi en tant que rôle principal alors que Teh le voulait. Alors qu’ils vont entrer à l’université, l’un comme l’autre veut intégrer une prestigieuse école d’arts dramatiques où il est nécessaire de savoir parler le mandarin quasiment couramment. Le premier point qui m’a séduite dès que j’ai regardé le trailer, c’est ça : ils sont amis d’enfance. J’adore ça, pour plusieurs raisons assez personnelles. D’une, parce qu’il y a déjà quelque chose à la base, que les sentiments ne naissent pas de rien, qu’ils sont plus denses, qu’il y a déjà des choses dans leur passé commun qui vont dramatiser la romance. De deux, parce que ça crée une tension supplémentaire, un enjeu : pourquoi est-ce que, de tous mes amis, tu es différent pour moi ? Est-ce que c’est juste de l’amitié forte ? Est-ce que ce qu’on ressent vaut la peine qu’on dépasse la limite et qu’on sacrifie notre amitié ? Ou est-ce que ça va juste la renforcer ? Est-ce qu’amitié et amour sont fondamentalement différents ? J’aime énormément le jeu entre cette limite, un pas en avant, puis retour en arrière, ces sentiments qu’on ne comprend pas tout de suite, qu’on refoule avant d’accepter. Et cette série est vraiment très très bien fichue sur ce point pour moi.

Le second point pour moi, c’est la mise en scène. On a quelque chose de très lent, des scènes étirées comme dans le cinéma asiatique typique et que j’adore. Ce genre de scène fait la part belle aux regards, aux petits gestes plus qu’aux mots. En regardant le making off qui est super intéressant, on se rend compte que les scènes sont millimétrées et que le metteur en scène a vraiment cette volonté de faire ressentir le maximum de choses, faire comprendre énormément d’éléments en le moins de mots possible. Je trouve ça hyper impressionnant et chez moi, ça fonctionne. Il n’y a pas ce côté humour un peu lourd qu’on peut trouver dans beaucoup de BL à la mode, c’est beaucoup plus sobre et cela semble beaucoup plus sérieux, beaucoup plus intense, ça donne un côté Call me by your name un peu si vous avez déjà vu ce film (et sinon, ALLEZ VOIR BON SANG VOUS ATTENDEZ QUOI !)

J’en viens au troisième point : la tension entre les personnages. Grâce à cette mise en scène, on se rend compte à quel point cela met en valeur la relation entre les deux personnages que les acteurs rendent vraiment bien. Il y a un jeu de regards, toujours intense, que j’ai vraiment adoré. Il y a une complicité entre eux qui est super belle à voir et il n’y a pas besoin qu’ils soient l’un sur l’autre en permanence pour que ça marche. Je ne dis pas que la sensualité n’est pas bonne, c’est juste que des fois, on attend autre chose. Et là, c’est autre chose. Les scènes de contact physique entre eux ne sont pas nombreuses, parce que ce n’est pas ce que l’histoire a voulu mettre en valeur, et cela rend d’ailleurs les scènes physique encore plus précieuses et intense. La tension entre Teh et Oh-aew fonctionne non pas sur le physique mais sur l’émotionnel. Sur les regards. Une sorte de jeu du chat et de la souris qui se met en place et que les acteurs réussissent avec brio.

Quatrième point, cela ne se passe pas à Bangkok. Pour, ceux qui n’ont pas l’habitude de regarder des BL thaï ne le savent pas, mais essentiellement, cela concerne des jeunes hommes qui sont à la fac à Bangkok. Et… ça peut être assez lassant. Encore une fois, I told sunset about you se différencie parce que cela se passe dans un bourg près de la mer à Phuket. Et mon dieu, qu’est-ce que c’est rafraîchissant ! Il y a aussi des scènes magnifiques avec la mer, la plage, ça change ! Ce qui change aussi, c’est les décors où j’ai l’impression qu’on trouve davantage de vieux endroits. On est loin de la capitale hyper moderne qui s’occidentalise, on est dans un petit coin un peu plus reculé qui donne une atmosphère complètement différente et en complète adéquation avec l’âge des personnages : de jeunes hommes sur le point de commencer leur vie et qui doivent laisser de côté leur enfance et ses lieux. Pour ceux qui ont grandi dans des coins un peu paumés et pour qui aller à la fac, même en province, était un effrayant et excitant grand pas en avant, vous comprenez ce que je veux dire !

Cinquième point, et pas des moindres, le traitement de l’homosexualité. Sachant que le pays a adopté le mariage pour tous depuis cet été, il peut être considéré comme en avance sur les autres pays asiatiques, mais j’ai déjà noté dans l’article consacré à TharnType que ça n’empêchait pas les représentations problématiques. Ici, au contraire, je trouve qu’on a deux exemples assez réalistes. Le premier, c’est Oh-aew qui s’accepte assez bien. D’ailleurs, ce que j’ai adoré, c’est quand il dit à Teh qu’il est amoureux d’un garçon et que Teh le prend super bien et va même jusqu’à l’aider. Quand Oh-aew s’affiche avec un garçon, personne dans ses amis ne va le mettre à l’écart. C’est normal. Et ça fait du bien. De l’autre côté, on a Teh qui a du mal à s’accepter pour beaucoup de raisons, et la principale c’est sa mère. Il n’a pas envie de décevoir sa mère, il veut faire comme son grand frère parfait qui ramène une petite amie à la maison. Il n’a pas de souci de viol hyper dramatique qui le fait haïr les homsoexuels (coucou Type), non, son problème est beaucoup plus réaliste. Il est la preuve d’un contexte social qui pressure les adolescents à rentrer dans la norme, et qu’on peut voir partout, même chez nous.

Et enfin, sixième point…. une saison 2 est prévue pour ce printemps ! Youpi !!

Pour conclure, un drama complètement différent, à la mise en scène précise et focalisée sur les sentiments, des personnages réalistes, une histoire qui l’est tout autant et un cocktail plein de fraîcheur.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *