ce que je lis

Chronique – Six of Crows – Leigh Bardugo

Auteur : Leigh Bardugo
Editeur : Éditions Milan
Collection : /
Parution : 2017
Pages : 559
Résumé de l’éditeur : Ketterdam : une ville grouillante de malfrats où tout s’achète si on y met le prix. Ce principe, personne ne l’a fait autant sien que Kaz Bekker, dit « les Mains Sales ». Quand le voleur se voit offrir une mission impossible mais qui le rendra riche, il réunit son équipe : un soldat assoiffé de vengeance, un tireur d’élite accro au jeu, un jeune fugueur des beaux quartiers, une espionne défiant les lois de la gravité, et une Grisha aux puissants pouvoirs magiques. Six dangereux hors-la-loi seuls capables de sauver le monde – s’ils ne s’entretuent pas avant…

Sous les conseils de mon amie Floriane Caffart, j’ai lu cette duologie. Et si au départ, j’ai eu des doutes, ils se sont vite estompés. En effet, le prologue… Est une catastrophe. Plein d’éléments de worldbuilding lancés à la figure du lecteur sans qu’il ne puisse suivre le rythme ! Je crois que cela a été écrit après la série Grisha, et je pense que pour ceux qui l’ont lue avant d’entamer celle-ci, cela doit être clair. Cela a failli coupé mon amie Élodie dans son élan ! Une fois passé cette étape difficile, on apprend à connaître les personnages principaux, jusqu’à ce qu’ils se mettent en route pour pénétrer dans le Palais des Glaces, à Fjerda, pour récupérer le plus précieux prisonnier qui soit et réussir la mission pour laquelle Jan Van Eyck, un des plus riches marchands de Ketterdam, leur a confié.

Les personnages sont le vrai point fort de cette série. Six anti-héros bien campés, certains mieux que d’autres : évidemment, j’ai craqué pour Kaz Brekker, le chef de cette bande de malfrats au charisme explosif. La vie l’a marqué dans ses chairs, il promène la méfiance comme une ombre et sait toujours comment avancer ses pions avec trois coups d’avance. Et même quand ça tourne mal, il sait comment arranger les choses. Non mais franchement ?! En plus, j’aime énormément son caractère : il s’est blindé, et de ce fait il a beaucoup de mal à s’ouvrir, à exprimer ses sentiments, à se sentir vulnérable… Bien sûr, je veux parler de sa romance avec Inej. Elle n’est pas comme les autres, cette romance. On a deux persos bien blessés par la vie qui essaient de se rapprocher, et ce n’est pas simple du tout. J’ai d’ailleurs largement préféré cette romance à celle de Nina et Matthias, que je trouve plate et mille fois vue. Les deux derniers personnages, Jesper et Wylan, sont mes chouchoux ! J’adore évidemment le caractère haut en couleurs de Jesper, une exubérance qui cache en réalité ses fragilités et son manque de confiance, et j’ai complètement craqué pour Wylan, fils de Jan Van Eyck. Ce père, qui a mis d’énormes espoirs en lui, qui lui met la pression depuis qu’il est tout petit, mais que Wylan ne peut pas faire autrement que de le décevoir… aaaaah j’aimerais spoiler, vraiment fort, mais il faut juste savoir que Wylan a un papa bien pourri qui ne l’a pas du tout aidé dans la construction de son identité et de sa confiance en lui et ça, c’est une petite chose que j’aime chez les personnages. Oh, et puis la romance Jesper/Wylan, qui prend son temps pour se poser, ça j’achète !

L’univers est hyper riche et assez solide. J’ai vu récemment un documentaire sur Amsterdam au XVe-XVIe siècle et sérieux, j’ai vu toute l’inspiration que Leigh Bardugo y a prise. Je n’ai pas trop bien compris le système de magie des Grishas, mais je pense que ce n’est pas essentiel ici, et que c’est mieux expliqué dans la série consacrée. Et ce qui est vraiment génial, c’est qu’elle y a inséré beaucoup de diversité dans l’origine de ses personnages et dans les territoires qui composent son monde. Ça fait un bien fou de voir que même les personnages principaux sont issus de la diversité, pas seulement les side kick pour faire bonne mesure.

Le style est efficace : on ne s’ennuie pas. Les scènes d’actions, bon sang !! Elles coupent le souffle, elles sont bourrées de rebondissements, incroyablement bien menées. En fait, ce qui est vraiment top, c’est qu’on se dit plus d’une fois « ça y est, ils ne vont pas réussir ». Et on y croit ! On pense vraiment que ça va mal se passer ! Et Leigh Bardugo réussit à retomber sur ses pieds pour proposer une solution que l’on avait pas vu… J’adore ça, j’ai été super impressionnée par ça. Et puis, l’humour, les dialogues vifs et efficaces.

En conclusion, je reprends beaucoup de commentaires élogieux qui ont été faits à l’encontre de cette série, parce qu’elle les vaut bien. Même si c’est siglé jeunesse, la dureté de ce monde et la maturité des personnages destine ces romans à tous, selon moi.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *