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Chronique – Demain il sera trop tard – Jean-Christophe Tixier

Auteur : Jean-Christophe Tixier
Editeur : Rageot
Collection : 
Parution : 13 septembre 2017 
Pages : 440
 
Résumé de l’éditeur : Virgil vit dans l’insouciance. Le Terme diagnostiqué à sa naissance fait de lui un 81 (il va vivre 81 ans). Mais un jour, une Brigade tente de l’arrêter. Il s’enfuit. Débute alors sa descente aux enfers. Enna, elle, est Court Terme et vit dans le ghetto. Elle graffe sa révolte sur les murs des beaux quartiers. Quand son amie est tuée par un groupuscule proche du pouvoir, elle jure de la venger… Traqué, Virgil rencontre une jeune geek, Lou, analyste de données, qui lutte clandestinement contre le système. Lui, Enna, Lou et d’autres sont décidés à se battre contre cette société totalitaire qui les a condamnés et à vivre intensément chaque jour, chaque minute, chaque seconde, qui restent !
 
Mon avis : Un grand merci aux éditions Rageot pour  cette découverte sur Netgallery !
L’auteur nous plonge dès les premières pages dans cette histoire haletante. On découvre Virgil, jeune homme insouciant de 17 ans qui se rend à un concert, dans la zone des Moyens Termes. En tant que Long Terme, il peut circuler librement dans toute la ville. Car très vite, on se rend compte de la ségrégation que l’espérance de vie, donnée dès la naissance par un test scientifique, structure les quartiers et plus largement la société. Et c’est là tout l’intérêt de ce roman.
Les échos à notre société actuelle sont nombreux. Ségrégation selon le niveau de richesse, que l’on voit dans les villes du monde entier, discrimination, mais aussi état d’urgence que l’on repère assez vite dans cette société où la technologie domine absolument tout. L’univers est recherché, intelligent, sécuritaire et un peu effrayant. Il y a une très bonne question qui est posée à un moment, et qu’on peut largement appliquer à nos sociétés contemporaines : doit-on choisir entre la sécurité ou la liberté ?
Les personnages sont nombreux, on en suit au moins quatre régulièrement, dont Virgil, Lou et Enna. Si au départ, Virgil donne envie de lui filer des baffes, j’ai trouvé qu’il y a une très bonne évolution, même si il en arrive à l’archétype du héros qui peut devenir assez ennuyant. J’ai eu beaucoup de mal à aimer Lou, trop de mystères autour de ce personnage ne l’ont pas rendu assez attachant à mon goût. Par contre Enna, j’en suis amoureuse : volontaire, pleine de fougue, ce que j’ai beaucoup aimé chez elle et je ne m’en cache pas, c’est le fait qu’elle aime les femmes. Ou comment aborder la question de la sexualité dans un livre qui au départ ne s’y prête pas.
Les explications de cet univers sont très bien données au fil des pages, sans pour autant ralentir l’action qui, tout le long du roman, va à une allure folle. Le style sans embarras est pour moi un vrai plus, bien adapté à la dystopie. La profusion de termes scientifiques et techniques peut freiner certains lecteurs, mais moi, elle ne m’a pas dérangée. Les romances par contre sont le petit point faible de ce roman pour moi : je les ai senties venir de loin, et elle étaient trop grossièrement amenées. La fin aussi est trop abrupte et je me suis sentie frustrée.
Néanmoins, cela reste une excellente lecture que j’ai vraiment dévorée ! C’est une très belle leçon de vie : puisque la vie s’écoule de la même manière pour tous, et il faut la vivre intensément. De très nombreux points poussent à la réflexion et sont vraiment bien adaptés au lecteur adolescent, à qui je recommande vivement ce roman !

2 commentaires

  • Coralie M.

    Mon dieu je t'ai laissée sans réponse aussi longtemps… Pardon !!!Heureusement que je ne suis pas centrée sur la romance et que je préfère généralement la façon dont l'auteur développes son univers ! Ici, il est vraiment bien pensé, n'est-ce pas ?

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