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Écriture – Les Quatre Terres : Cultures et sociétés

Je n’ai pas pu m’empêcher d’en parler dans les autres articles. C’est quelque chose de vraiment passionnant à faire : inventer des cultures. J’adore regarder des documentaires à la télé sur plein de sujets, notamment l’archéologie, où l’on touche du doigt des civilisations perdues et des systèmes de pensées très différents du nôtre. C’est d’autant plus inspirant lorsqu’on est auteurice-éponge qui s’inspire de tout ce qui passe devant nous.

Tout d’abord, j’ai, comme d’habitude, quatre cultures à monter. Quatre peuple différents. Et ce sont ces différences qui vont créer des conflits pour mon intrigue. La culture, c’est cet élément complexe, composé d’éléments d’histoire (forcément, les événements vont avoir un impact plus ou moins fort sur notre manière de voir le monde), de géographie également (et bien oui, on ne s’habille pas de la même manière si on habite sous la neige ou dans le désert) BREF tout ce qu’il faut pour me plaire (oui, je suis prof d’HG). C’est tellement riche !!

La base, c’était ma géographie. Une fois que ma carte était posée, j’ai pu déjà avoir une idées de leurs façons de vivre. Comme je l’ai déjà évoqué dans le premier article, j’ai constaté que j’avais beaucoup de personnages caucasiens, et que mes gouvernements étaient féodo-vassaliques. Puisqu’on est dans un monde fantasy, pourquoi se limiter à ça ? Ce qui est vraiment cool avec la fantasy, c’est qu’on peut tout construire, tout imaginer. Tant que ça reste logique, on peut tout faire. Il a donc fallu que je règle tout ça. Et je vous résume donc mes quatre cultures.

Les Orgoïs sont le peuple régi par Waal. Ils habitent entre montagnes et forêts dans les Terres de l’Ouest. Le milieu hostile dans lequel ils vivent, sans beaucoup de ressources, a fait naître une culture de la chasse. Qui plus est, comme je l’ai précisé, les animaux y sont gigantesques : la force est donc un élément essentiel pour survivre. Je me suis inspirée des Amérindiens pour eux : un respect guerrier pour la nature, un système d’organisation clanique où les anciens ont un poids fort. En passant, c’est aussi l’une des deux cultures qui éduque hommes et femmes de la même manière. La dignité est la valeur essentielle : on doit être digne de son nom et du clan qui y est lié. Elle est étroitement liée avec celle de la famille. Un individu ne doit pas oublier qu’il porte avec lui toutes les personnes qui appartiennent à son clan. Qu’il brille ou qu’il échoue, il emporte toutes ces personnes avec lui. Les Orgoïs sont forts en gouaille, râlent, gueulent, rient, mais il y a des sujets très sérieux sur lesquels les blagues ou autres ne sont pas permises. Le respect aux anciens, à la famille, par exemple. Les relations amoureuses aussi, j’en parlerai ailleurs. Ils sont explosifs, comme le feu qu’ils manient : il faut se méfier de leur calme apparent qu’ils affichent.

Les Alayis vivent eux au coeur des forêts primaires, et la maîtrise de la terre qu’ils ont leur permet de s’y faire une place. Pour survivre, ils ont été forcés de s’entraider, d’où leur mode de fonctionnement. Ils vivent en une très large communauté : tout ce qu’ils font doit être collectif. L’individu n’existe pratiquement pas. La base de leur éducation est la méditation car c’est ainsi que Naïa, leur déesse tutélaire, communique avec eux. On leur apprend également dès le plus jeune âge à faire attention à leur environnement, qui est dangereux et qui peut les mettre en difficulté à tout moment. Cela en fait des personnes calmes et réfléchies, qui pensent aux conséquences de leurs actes avant de les produire. Chez eux aussi, l’éducation est la même entre filles et garçons, et d’ailleurs celle-ci n’est pas dispensée uniquement par la mère. Si les Alayis savent qui est leur mère, ils ne savent pas qui est leur père : les actes de reproduction sont, à l’image de la communauté, faits en communs. Cela a pour conséquence que tous les hommes sont considérés comme les pères de chaque enfant, qui sont protégés de la même manière. Ils sont très peu jaloux et partagent entre eux tout ce qu’ils possèdent. Ils doivent savoir tout faire : que ce soit cultiver les champs, cueillir les plantes et préparer les médicaments et les remèdes, travailler à l’extérieur pour vendre leurs produits sur les marchés des autres terres, chaque Alayi partage son savoir avec les autres. Car les Alayis partagent tout, surtout les connaissance.

Les Thaelins sont le peuple de l’abondance. Ils sont à l’image de leur dieu, facétieux et propice au rire. Chez eux, tout est plaisir et rien n’est grave. Comme ils possèdent les terres les plus riches de l’empire, ils n’ont presque jamais souffert de la disette depuis les Âges de paix. Lan, dieu du vent et de l’été, organise de très nombreuses fêtes au cours de l’année, surtout pendant sa saison, ce qui le rend très populaire. Les Thaelins savent que leur richesse repose sur leurs terres et le travail est donc un plaisir. Qui plus est, ils sont nombreux à se féliciter d’une bonne journée de labeur en allant boire un coup ou en invitant des amis. Mais si leurs terres sont aussi prospères, c’est aussi grâce au Haut Monastère qui les gouverne au nom de Lan. Les Terres de l’Est sont soumises à un gouvernement hiérocratique, c’est-à-dire basé sur la religion. Si le peuple a tous les droits, les moines, eux, sont soumis à des règles strictes dont la fidélité absolue à Lan est la première. Ils n’ont pas le droit d’avoir de relation amoureuse car ils doivent rester disponibles pour Lan à tout moment. Ce sont uniquement des hommes, car ce dieu préfère les hommes, et ils entrent de deux manière au monastère : soit donnés par leur famille, soit recueillis en tant qu’orphelin. Dès lors, ils sont considérés comme tous égaux. Leur éducation est faite de cours théoriques faits le matins, et de travail fait l’après-midi auprès de la ville et des personnes qui font appel à eux. Ils sont élevés de manière stricte et exigeante par un maître de famille, qui leur donne son nom, et en commun avec leurs frères. Il y a également un système de grand frère qui encadre un plus jeune frère durant les premières années de son noviciat afin de l’aider.

Enfin, les Mushadins sont sans doute le peuple le moins original hormis ce fait : c’est une noblesse matriarcale qui gouverne. Ils sont établis au coeur des terres les plus hostiles, en plein désert, et Laosha leur a appris la maîtrise de l’eau pour pouvoir prospérer. Cette maîtrise est essentielle pour la puissance d’une personne. Les femmes nobles sont celles qui sont capables de faire naître des torrent au milieu d’une terre aride. Elles sélectionnent leurs conjoint sur ce critère, car il faut que leurs enfants possèdent un grande maîtrise également et l’eugénisme est la base du mariage. La richesse et la puissance d’une famille se voit à sa demeure : plus elle est abondante en végétation luxuriante, mieux c’est. Les inégalités sont très fortes et la société très dure. Les membres des familles nobles sont très surveillés et reçoivent une éducation très stricte, complètement décalée du reste des Mushadins. Ils évoluent dans des sphères à part et ont peu de contact. Cela provoque donc de fréquentes tensions dans la société qui explosent très régulièrement. C’est donc une société assez violente tant entre les différentes strates de celle-ci qu’à l’intérieur de ces strates. Car les familles nobles ont un devoir, celui de protéger leurs sujets et de les nourrir, et s’ils n’y parviennent pas, ils doivent être remplacés. D’où la pression qu’ils subissent à l’intérieur même de leur famille pour être à la hauteur de leur tâche.

Pour conclure, j’ai donc quatre sociétés qui fonctionnent totalement différemment et n’ont pas la même culture :

  • les Orgoïs fonctionnent en clans, où chacun a un rôle à tenir, et où chaque décision et prise par le conseil des anciens
  • les Alayis fonctionnent en communauté ou chaque individu partage tout avec les autres et où le collectif trouve tout son sens
  • les Thaelins sont gouvernés par des moines tout entier dévoués à Lan
  • les Mushadins sont gouvernés par des familles nobles matriarcales

Je reviendrais dans un autre articles pour expliquer comment je visualise mes personnages et comment je visualise les décors dans lequel ils vivent, qui sont là aussi très différents.

4 Comments

  • Hamilcar B.

    Rien qu’avec ce petit article qui résume tes quatre cultures, on sent la richesse qu’il y a derrière. C’est très intéressant ! J’aime beaucoup le fait que tu aies réfléchi à quatre fonctionnements très différents les uns des autres, c’est en effet une excellente manière de créer du conflit lors des rencontres, de confronter des points de vue sur le monde et des manières de vivre opposées.

    • Coralie

      C’était un défi en effet, et c’était très cool d’imaginer 4 fonctionnements différents ! Mais c’est du boulot xDD j’espère que les conflits seront intéressants…

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